DES MALADES EN SOUFFRANCE


Les troubles alimentaires sont en augmentation avec une forte potentialité à la chronicité. L'anorexie et la boulimie sont les plus connus. Ils débutent généralement à l'adolescence et 30 à 50 % ne sont bien souvent pas diagnostiqués, quand les symptômes sont partiels et peu visibles. Cependant, 60 % de ces jeunes consulteront dix ans plus tard pour des altérations significatives de leur santé physique et psychologique.

Un constat inquiétant est le nombre croissant d'enfants de poids normal ou subnormal qui, dès 8-10 ans, contrôlent leur alimentation par peur du surpoids et de l'obésité. Il est bien établi que ces conduites de régime, paradoxalement, favorisent l'hyperphagie et le surpoids et, à l'adolescence, la boulimie et l'anorexie mentale.

En fait, 0,5 % à 1 % des adolescentes souffrent d’anorexie mentale. 60 % des personnes atteintes par cette maladie sont âgées de 15 à 19 ans. La boulimie touche 1 à 2 % de la population féminine. On estime que 9 à 10 % des femmes adultes souffrent de problèmes alimentaires avec une difficulté à contrôler la prise de nourriture et une attention exagérée au poids. Les hommes ne sont pas épargnés, ils représentent 10 à 15 % des personnes concernées.

La durée moyenne de l'anorexie et de la boulimie est de 6 ans, mais varie entre un an et demi et toute une vie. Dans l'anorexie, 70 % des patientes guérissent et ce taux pourrait être augmenté, la guérison accélérée et les complications diminuées si les prises en charge étaient plus précoces et adéquates. Elles permettraient notamment d'éviter l'hospitalisation dont la durée est une des plus importantes dans les maladies psychiatriques. 

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DES PROCHES EN DETRESSE

Lorsque la maladie entre dans une maison, c’est toute la famille qui est touchée. La souffrance des malades trouve en écho l’inquiétude et le désarroi des proches. Les maladies du comportement alimentaire s'accompagnent pour les parents de questionnements difficiles, de confrontations à des sentiments d'impuissance et d'incompréhension.

Face à l’anorexie et à la boulimie de leur enfant, les parents se sentent souvent seuls, démunis et coupables, submergés d’une foule d’émotions complexes où se mêlent la tristesse, la peur, et le découragement.

La détresse des parents, c’est de ne pas savoir comment faire face à la souffrance de leur enfant. C’est d’être confrontés à une série de questions auxquelles ils ne sont pas préparés à répondre. Comment aider mon enfant à se réalimenter ? Comment faire face à sa détresse lorsqu’il reprend du poids ? Qu’est-ce qui est négociable ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Comment l’aider à résoudre ses problèmes ? Quelles sont les possibilités d’aide disponibles ? A toutes ces interrogations, il n’existe pas de réponse facile. Les aborder demande un engagement important de la part des parents. Ils auront eux-mêmes besoin de soutien et d’accompagnement.

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LE RÔLE DES PARENTS

Les proches ont un rôle de partenaires de soins à jouer. Ils sont un élément essentiel de la guérison. Voilà pourquoi il est nécessaire de les aider, à un moment où ils se sentent fragilisés et déstabilisés, à sortir d'un sentiment d'isolement et à retrouver confiance en eux. La personne malade a besoin de parents solides et patients.

Plus tôt la maladie est identifiée et la prise en charge initiée, plus grandes sont les chances de guérison. Par le biais d’une information précoce, il est important de raccourcir la période d’incertitude, de flottement, de non-identification courante dans les maladies du comportement alimentaire pour intervenir avant que la maladie ne s’installe.

Plus les parents sont impliqués dans le processus co-thérapeutique, plus ils sont conscients, confiants et informés, plus grandes sont les chances de guérison rapide.

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