La recherche d’un fautif, et donc le blâme et la culpabilité, sont des réflexes humains bien naturels, au regard d’une maladie psychosomatique aussi complexe que l’anorexie ou la boulimie. Les proches ne doivent pas tomber dans ce piège et blâmer les parents ou la jeune fille. Ces interventions sont néfastes pour le malade et sa famille.

La culpabilité parentale concentre les énergies de la famille sur le passé au détriment d’une ouverture sur le présent et l’avenir. La culpabilité fragilise également les compétences parentales, déjà bien malmenées par le trouble alimentaire. Ce mouvement de remise en question parentale, s’il est trop massif, est généralement mal vécu par la patiente, qui a besoin de s’appuyer sur des images parentales souples mais solides.

La recherche d’un fautif risque de créer des tensions, des clivages, des conflits de loyauté et des ruptures au sein de la famille, au moment même où la crise engendrée par la maladie doit favoriser le soutien mutuel et la solidarité.

Les grands-parents ou les frères et sœurs n’ont pas pour mission de faire remanger l’enfant, sauf circonstance exceptionnelle : ce rôle revient aux parents et aux équipes médicales.